Ce tableau recense les accords recommandés pour chaque grande famille de mets, du poisson au fromage en passant par les viandes et les desserts. Établi par les sommeliers de Prémices, dont des Meilleurs Ouvriers de France, il est conçu comme un outil opérationnel : une colonne par information clé, une logique sensorielle pour chaque accord. Pour comprendre les principes qui sous-tendent ces accords – similitude, contraste, accord régional – consultez notre article sur les principes des accords mets et vins.

Comment lire ce tableau ?

Ce tableau est organisé en cinq colonnes : famille de mets, exemples concrets, vin recommandé, appellation de référence, et logique sensorielle en quelques mots. La logique sensorielle est la colonne centrale de cet outil : elle indique en 5 à 7 mots pourquoi l’accord fonctionne sur le plan gustatif, sans nécessiter de connaissances préalables en sommellerie.

Chaque ligne correspond à une situation de service précise. Pour un même ingrédient (le saumon, par exemple), la cuisson et la sauce peuvent faire évoluer l’accord : c’est pourquoi certaines familles distinguent plusieurs préparations. Les appellations indiquées sont des références consensus, pas des obligations : un Chablis de producteur peut souvent remplacer un Chablis premier cru dans une logique similaire.

Selon nos sommeliers Meilleurs Ouvriers de France, Prémices : « Un tableau d’accord est un point de départ, jamais une contrainte. Il donne la direction sensorielle – à vous d’affiner selon le millésime, la cuisson du jour et les préférences de vos convives. »

Le tableau complet des accords mets et vins

Ce tableau couvre douze familles de mets, des entrées froides aux desserts, avec pour chaque famille une appellation de référence et la logique sensorielle qui justifie l’accord.

Famille de mets

Exemples concrets

Vin recommandé

Appellation(s) de référence

Logique sensorielle

Apéritifs et amuse-bouches

Canapés au saumon, bouchées au fromage frais, verrines de crevettes

Champagne brut ou crémant d’Alsace

Champagne / Crémant d’Alsace

Bulles et acidité éveillent le palais

Apéritifs – tapas et charcuteries légères

Jambon de Bayonne, antipasti, planches mixtes

Rosé sec de Provence ou blanc de Loire sec

Bandol rosé / Sancerre blanc

Fraîcheur et légèreté sans saturer

Entrées froides – poissons et carpaccio

Carpaccio de Saint-Jacques, tartare de saumon, gravlax

Blanc sec et minéral

Sancerre blanc / Chablis / Riesling

Acidité vive contre le gras cru

Entrées froides – salades et crudités

Salade niçoise, crudités vinaigrette, salade de chèvre

Blanc sec léger et fruité

Pouilly-Fumé / Entre-Deux-Mers

Légèreté pour légèreté, fraîcheur mutuelle

Entrées chaudes – foie gras

Foie gras mi-cuit, terrine de foie gras, foie gras poêlé

Blanc liquoreux ou Gewurztraminer VT

Sauternes / Gewurztraminer Vendanges Tardives

Sucre résiduel contre le gras intense

Entrées chaudes – soufflés et terrines

Soufflé au fromage, terrine de gibier, quenelle

Blanc charpenté ou rouge léger

Meursault / Bourgogne rouge léger

Rondeur et texture répondent au moelleux

Poissons en sauce

Saumon sauce crème, cabillaud beurre blanc, sole normande

Blanc charpenté et ample

Meursault / Viognier Rhône / Graves blanc

Rondeur du vin porte la sauce grasse

Poissons grillés et au four

Bar grillé, dorade rôtie, turbot au four

Blanc sec et minéral, vif

Chablis premier cru / Pouilly-Fumé

Minéralité iodée répond au poisson nu

Saint-Jacques et noix de mer

Saint-Jacques poêlées, coquilles gratinées, noix de pétoncles

Blanc fin et aromatique

Riesling grand cru d’Alsace / Chablis grand cru

Finesse aromatique partagée, tension vive

Fruits de mer et coquillages

Huîtres, moules marinières, palourdes farcies

Blanc très sec et minéral

Muscadet Sèvre-et-Maine / Chablis

Minéralité iodée, acidité vive sur l’iode

Homard et crustacés nobles

Homard thermidor, langouste, gambas à la plancha

Blanc riche et beurré

Bourgogne blanc grand cru / Champagne blanc de blancs

Amplitude du vin face à la richesse du crustacé

Viandes rouges grillées

Entrecôte, côte de boeuf, steak tartare

Rouge structuré, tannique

Pauillac / Saint-Émilion / Châteauneuf-du-Pape

Tannins fondus face au gras de la viande

Viandes rouges mijotées

Boeuf bourguignon, daube provençale, pot-au-feu

Rouge régional, charpenté

Nuits-Saint-Georges / Gigondas / Cahors

Accord régional, puissance répond à la lenteur

Agneau

Gigot rôti, carré d’agneau, épaule confite

Rouge élégant aux tannins soyeux

Pommard / Gevrey-Chambertin / Bandol rouge

Élégance et fruits rouges, tannins fins

Gibier à plumes

Faisan, perdrix, bécasse en salmis

Rouge puissant, épicé

Côte-Rôtie / Hermitage / Gevrey-Chambertin vieux

Puissance aromatique, notes sauvages répondent

Gibier à poil

Sanglier, chevreuil, cerf

Rouge dense et animal

Madiran / Bandol rouge vieux / Châteauneuf-du-Pape

Structure et tanins face à la chair ferme

Viandes blanches – veau et porc

Blanquette de veau, rôti de porc, côte de veau

Blanc charpenté ou rouge léger

Meursault / Saumur-Champigny / Bourgogne rouge

Polyvalence : blanc porte la sauce, rouge léger la rôtisserie

Volailles – poulet et pintade

Poulet rôti, pintade aux champignons, poulet à la crème

Blanc charpenté ou rouge léger fruité

Viognier Rhône / Rully blanc / Pinot Noir Bourgogne

Rondeur et fruits rouges selon la sauce

Canard et magret

Magret de canard, confit de canard, canard à l’orange

Rouge fruit, souple à structuré

Fronton / Cahors / Pinot Noir Alsace

Fruit du vin répond au gras du canard

Fromages – pâtes pressées cuites

Comté, Beaufort, Abondance

Vin jaune du Jura ou blanc oxydatif

Vin jaune du Jura / Château-Chalon

Accord régional de tradition, complexité partagée

Fromages – pâtes molles à croûte fleurie

Brie, Camembert, Coulommiers

Blanc de Loire sec ou Champagne brut

Sancerre blanc / Champagne brut

Fraîcheur et acidité tranchent le lait crémeux

Fromages – pâtes persillées

Roquefort, Bleu d’Auvergne, Fourme d’Ambert

Vin doux – accord de contraste

Sauternes / Banyuls / Porto blanc

Contraste sucré-salé, le doux tempère l’intense

Fromages – chèvre

Crottin de Chavignol, Sainte-Maure, Pélardon

Blanc sec de Loire, accord régional

Sancerre blanc / Pouilly-Fumé

Accord régional, acidité et fraîcheur en miroir

Desserts – tartes aux fruits

Tarte aux pommes, tarte aux poires, tarte Tatin

Blanc moelleux ou demi-sec

Vouvray moelleux / Coteaux du Layon

Douceur pour douceur, acidité équilibre

Desserts – viennoiseries et crèmes

Tarte au citron, crème brûlée, mille-feuille

Moelleux délicat ou pétillant doux

Muscat de Beaumes-de-Venise / Champagne demi-sec

Légèreté du vin sans écraser la pâtisserie

Desserts – chocolat noir et cacao

Fondant au chocolat, ganache, tarte au chocolat

Vin doux naturel puissant

Banyuls Vintage / Maury

Puissance pour puissance, notes torréfiées partagées

Cas particuliers – asperge

Asperge verte poêlée, asperge blanche vinaigrette

Blanc à forte acidité, non boisé

Sancerre blanc / Pouilly-Fumé

Acidité vive neutralise l’amertume végétale

Cas particuliers – artichaut et oeuf

Oeuf mollet, oeuf cocotte, coeur d’artichaut

Blanc léger et nerveux

Muscadet / Vinho Verde / Chablis sans élevage

Légèreté et acidité, éviter les tannins

Cas particuliers – cuisine épicée

Tajine, curry doux, wok légèrement pimenté

Blanc aromatique demi-sec ou rosé

Gewurztraminer / Riesling demi-sec / Rosé de Provence

Aromatique du vin répond aux épices, sucre tempère

Tableau établi par les sommeliers de Prémices, dont des Meilleurs Ouvriers de France en sommellerie.

Les accords que ce tableau ne suffit pas à résoudre

Certains ingrédients résistent aux tableaux d’accords classiques : l’asperge, l’artichaut, l’oeuf et les plats épicés demandent une approche au cas par cas. Le tableau ci-dessus inclut ces situations dans la section « Cas particuliers », mais leur complexité mérite quelques précisions.

L’asperge, l’artichaut et l’oeuf : trois cas qui déroutent les tableaux

L’asperge contient des composés qui rendent la plupart des rouges désagréables et font virer certains blancs vers une amertume prolongée. Le réflexe : choisir un blanc à forte acidité et sans élevage boisé (Sancerre, Pouilly-Fumé). L’artichaut produit un effet similaire par sa teneur en cynarine, qui modifie temporairement la perception du sucré. Avec l’oeuf, le jaune gras appelle de la légèreté et de l’acidité, pas des tannins. Un Muscadet, un Chablis sans élevage ou un blanc nerveux de Loire est la solution la plus sûre pour les trois.

Quand la cuisson change tout

Un même poisson peut appeler deux vins très différents selon sa préparation. Un bar grillé au sel appelle un blanc minéral et vif (Chablis, Muscadet). Le même bar servi en sauce crème aux herbes appelle un blanc plus ample et charpenté (Meursault, Viognier). C’est la sauce qui dicte le vin, pas uniquement la nature du poisson. La même logique s’applique aux volailles : un poulet rôti accepte un rouge léger, mais un poulet à la crème demande la rondeur d’un blanc charpenté. C’est pourquoi le tableau distingue les préparations plutôt que de regrouper chaque ingrédient en une seule ligne.

Pour aller plus loin sur ces accords complexes, nos sommeliers détaillent ces cas dans notre article sur les accords mets et vins : principes et cas délicats. Vous pouvez aussi confier la sélection des vins à nos sommeliers pour votre prochain événement.

Questions fréquentes

Comment savoir quel vin va avec quoi ?

Le point de départ le plus fiable est la famille de mets : poisson appelle blanc sec et minéral, viande rouge appelle rouge structuré, fromage persillé appelle vin doux. Le tableau ci-dessus couvre les douze familles principales avec une appellation de référence pour chacune. Pour affiner l’accord, l’élément décisif est la sauce et la cuisson : elles modifient la texture et l’intensité du plat plus que la nature de l’ingrédient nu.

Quelle est la règle des 20 minutes pour les vins ?

La règle des 20 minutes désigne le temps de décantation minimal recommandé pour les vins rouges jeunes et tanniques avant le service. En exposant le vin à l’air, les tannins s’assouplissent et les arômes se libèrent progressivement. Pour les grands rouges de Bordeaux ou du Rhône, une décantation de 30 à 60 minutes est préférable. Pour les vins plus âgés et fragiles, le passage en carafe doit être court (10 à 15 minutes) pour éviter l’oxydation. Les vins blancs et les rosés ne nécessitent pas de décantation.

Quelle est la meilleure application pour accorder mets et vins ?

Plusieurs applications de reconnaissance de vins proposent des suggestions d’accord mets et vins à partir d’une étiquette photographiée. Leurs bases de données couvrent des centaines de milliers de références et peuvent être utiles pour une bouteille précise. Elles restent cependant limitées sur les accords complexes (asperge, artichaut, plats épicés) et ne tiennent pas compte de la sauce ni de la cuisson. Pour un repas gastronomique ou un événement, l’avis d’un sommelier reste plus fiable qu’un algorithme.

Un accord mets et vins peut-il vraiment tout changer lors d’un repas ?

Oui, dans les deux sens. Un accord réussi amplifie les arômes du plat, allonge la finale du vin et crée une cohérence de table qui transforme le repas en expérience mémorable. Un accord raté peut masquer la finesse d’un grand millésime ou rendre un plat amer. L’effet est perceptible même pour des convives sans formation en sommellerie : la sensation de confort gustatif ou d’inconfort est immédiate. C’est pourquoi chez Prémices, la sélection des vins fait partie intégrante de la prestation, au même titre que le menu.

Pour vos prochains repas et événements gastronomiques

Ce tableau est l’outil de référence pour orienter vos choix. Il ne remplace pas l’expertise d’un sommelier sur place, qui tient compte du millésime, des préférences de vos convives et de la structure précise d’un menu. La France consomme environ 44 litres de vin par habitant et par an pour les plus de 15 ans (source : OIV/FranceAgriMer, fiche filière vin 2025, données 2023) – autant d’occasions de soigner l’accord plutôt que de le laisser au hasard.

Si vous souhaitez que cette dimension soit entièrement prise en charge pour votre prochain dîner privé ou événement d’entreprise, nos sommeliers interviennent dès la conception du menu. Ils construisent une sélection sur mesure en lien direct avec votre chef et avec les produits de saison. Vous pouvez faire appel à un chef et sommelier pour votre prochain événement ou consulter directement notre service de sommellerie privée pour un devis personnalisé.

Consultez également nos menus gastronomiques pour vous inspirer avant d’associer vos vins.

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